L’industrie du logiciel libre soutenue par le gouvernement Français

D’après les propos rapportés par Romain Gueugneau : « Les services du Premier ministre invitent les ministères à utiliser des solutions « open source ». De quoi alimenter un peu plus la croissance de la filière en France, qui plaide déjà pour la définition d’une politique industrielle dans ce domaine. »

Autrement dit, le gouvernement envoie un signal important aux communautés qui prônent l’utilisation de logiciels libres. En effet, il apparaît qu’une circulaire émanant des services du Premier ministre, la semaine passée, adressée à l’ensemble des ministères et dans laquelle sont définies des orientations et des recommandations d’usage concernant l’utilisation des logiciels libres dans les administrations. Les ministères sont donc clairement invités par le chef du gouvernement à utiliser davantage  de solutions « open source ». Pour ne pas les citer, au niveau territorial on pouvait déjà trouver http://adullact.org/ ou http://www.apitux.org/
La circulaire, créée en 2011, précise notamment les bénéfices que les institutions peuvent tirer de l’utilisation des logiciels libres : « moindre coût, souplesse d’utilisation, levier de discussion avec les éditeurs ». Des arguments de poids dans le contexte actuel de crise et de rigueur budgétaire. Conjointement préparée avec les directeurs des systèmes d’information des ministères dans le cadre d’un travail collaboratif animé par la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (Disic).
Le journaliste précise que l’engagement de l’Etat en faveur du monde de l’« open source » n’est certes pas nouveau. « Mais cela faisait longtemps que l’affirmation n’avait pas été aussi claire », remarque Patrice Bertrand, le président du Conseil national du logiciel libre (CNLL), qui fait suite au sénateur du NPDC Alex Türk, l’instance représentative de la profession en France. Le développement de solutions logicielles libres, qui ne dépendent pas de grands éditeurs privés, n’est pas une problématique partisane. Les projets ont été soutenus par les gouvernements successifs. On constate toutefois que si globalement la part du logiciel libre dans les administrations reste faible, le projet de refonte informatique du système des impôts avait été élaboré en intégrant des composants « open source ». Matthieu Poujol, analyste chez Pierre Audoin Consultants, rappel à juste titre que « la commande publique a joué un rôle important dans le décollage du secteur ». Selon ce cabinet, les solutions « open source » représentaient 6 % du marché des logiciels et des services informatiques en France en 2011, soit 2,5 milliards d’euros. Au total, environ 300 entreprises -essentiellement des petites PME -travaillent aujourd’hui au sein de cet écosystème. Parmi elles, certains champions nationaux émergent et réussissent à s’exporter : c’est le cas de Talend, implanté en France et en Californie, qui a vu son activité doubler en moyenne chaque année depuis sa création en 2006. Ces petites PME, grâce au développement de stratégies collectives entrepreneuriales et dans le cadre de la politique de soutien à l’innovation, réussissent là ou d’autre plus réfractaire à la coopération rencontrent des difficultés de développement.
Bien entendu, la communauté « open source » s’est félicitée de cette nouvelle initiative gouvernementale. La société Linagora, dans un communiqué de presse, ajoute que « c’est la reconnaissance de l’excellence des services que les logiciels libres rendent déjà à l’Etat ». Véronique Torner, coprésidente de la société Alterway, dont nous avions précédemment parlé concernant l’Académie du Libre, qui a remporté en juin un appel d’offres interministériel sur les fonctions de support des logiciels, pour sa part estime que « les choix et les orientations prises par l’administration peuvent servir d’exemple et avoir des répercussions dans le monde de l’entreprise ».
Vers un « Grenelle » du logiciel libre ?
Le secteur est satisfait et souhaite profiter de l’occasion pour aller plus loin. Patrice Bertrand précise que « cette initiative peut servir à jeter les bases d’une vraie politique industrielle. Le logiciel libre est un secteur en croissance, générateur d’emplois et de compétitivité ». Le sujet sera abordé lors de l’Open World Forum, le Salon français de l’« open source » qui aura lieu du 11 au 13 octobre, où associations et acteurs du secteur tenteront de définir ensemble les bases d’un « Grenelle » du logiciel libre.
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